Lors de mon séjour de deux années à Dakar au Sénégal (2013 à 2015), j’ai eu l’occasion de vivre la politique sénégalaise et d’analyser au loin la vie politique togolaise. J’ai donc décidé de Juillet à Octobre 2015 de faire une enquête auprès des étudiants sénégalais et togolais sur la problématique de l’émergence d’une nouvelle élite politique en Afrique Francophone. J’éprouvais le besoin de connaître l’avis des jeunes sur la vie politique de leur pays, le renouvellement de la classe politique ou encore l’engagement politique. Dans cette étude, je me suis focalisé sur les jeunes étudiants (sénégalais et togolais) entre 20 et 26 ans. Les questionnaires ont été administrés à 200 étudiants, dont 100 sénégalais et 100 togolais.Lire la suite de

François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont affrontés lundi soir pour la première fois.

Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, et les autres…

Les candidats à la Présidentielle française sont toujours outillés en arguments, ceux de 2017 le sont encore plus lors de ce débat présidentiel. Nous avons eu droit à des échanges, des remises à niveau, à des railleries subtiles (Ah sacré Mélenchon) et également à des paroles « rayées » (Marine, oh !!! Marine).

Bénoît Hamon et François Fillon

De la gauche vers la droite, Bénoît Hamon et François Fillon.
Source: www.non-stop-politique.fr

Bénoît Hamon et Fillon, que dire de vous ?

Je ne sais pas ce que je pourrais bien dire des deux candidats, respectivement de la Gauche et de la Droite. En analysant leurs idées et leurs propos lors de ce débat présidentiel, il faut avouer qu’il n’y a pas réellement de surprises. François Fillon, il est assez difficile de lui faire confiance à présent, vu les accusations qui pèsent sur lui. Notre cher Bénoît est calme, posé (un peu comme François Hollande à l’époque contre Sarkozy), défend ses idées sans s’emporter. C’est un candidat idéal a priori (pas forcément LE candidat idéal).Lire la suite de

Influenceurs et action collective, faudra y penser.

Nous n’allons pas revenir sur les différentes théories des uns et des autres concernant les « influenceurs », je ne vais pas me permettre de les critiquer d’ailleurs. J’ai lu l’article de mon cher ami Hamidou Anne titré les « influenceurs » africains ne servent à rien:que les jeunes fassent de la politique, et celui du web entrepreneur ivoirien Israel Yoroba que j’apprécie bien, dont le titre est certains « influenceurs » africains servent à changer la société.

Je suis plutôt ravi qu’il y ait des « influenceurs » africains, du moment où ils pourront servir la société. Je pense qu’il y a plusieurs manières de faire de la politique, ou plutôt, de servir la société face aux politiques. L’Afrique a besoin de ces personnes qui sauront être non seulement des références mais également des « leaders ». Je mets ce dernier mot en exergue parce qu’il a été tellement galvaudé ces derniers temps qu’il ne semble plus signifier grand chose. Mais dans le contexte actuel, il reprend ses droits et s’impose.Lire la suite de

Développement de l'Afrique via l'entrepreneuriat

Vous l’aurez compris, le titre de l’article est un droit de réponse à l’article de mon cher ami Hamidou Anne : Non, l’entrepreneur ne changera pas l’Afrique. J’aurais préféré « Non, l’entrepreneur ne changerait pas l’Afrique », mais encore…

Je ne serai pas long dans ce léger billet. L’article du chroniqueur du Monde Afrique aborde un certain nombre de points avec lesquels je suis plutôt d’accord :

« Des lobbies financiers drapés pourtant dans un épais manteau de bonne volonté et de philanthropie contrôlent le curseur du débat public. Ils ont choyé l’entreprenariat et ont imposé les termes du débat. Pas un jour sans un article, une vidéo ou des affiches sur les réseaux sociaux vantant les mérites du jeune X auparavant en France ou au Canada et dorénavant rentré avec un génial projet Y pour sauver l’Afrique. Pas une rencontre de jeunes sans entendre ce fameux discours touchant et bien convenu sur la nécessité de construire une alternative aux Etats en se lançant tête baissée dans le montage d’une start-up » Hamidou Anne, Le Monde Afrique

Il est vrai que le vrai visage n’est parfois pas montré, le chemin tortueux par lequel il faut passer et par lequel on arrive à réussir. Il est vrai que de grands groupes et des multinationales se lancent dans le financement des startups en Afrique, comme pour se sentir moins sales dans leur responsabilité sociale fort décriée. Il est vrai que des incohérences ne pas sont pas artifices dans cette sphère de l’entrepreneuriat en Afrique.

Cependant, lorsque je lis dans le même article d’Hamidou Anne, « Nos pays ont davantage besoin de gynécologues, d’enseignants, de policiers avec l’éthique et l’ambition nécessaires au service de l’intérêt général, que de chefs d’entreprises se résumant à un bout de papier administratif dans une pochette. C’est une réalité souvent qu’on élude…L’entrepreneur ne changera pas l’Afrique, car il n’est en rien supérieur au fonctionnaire, encore moins au politique. Tout dépend de ce que chacun, dans le quotidien de son engagement, fait ou aspire à faire. Il y a même, selon ma conception, une primauté de l’action publique sur le reste, qui nécessite de s’y s’engager pour que l’Afrique change véritablement et durablement. », je me pose un certain nombre de questions.

N’y a-t-il pas des success stories qui sont liées à cette action publique, comme Gifted Mom, qui lutte contre la mortalité infantile ? N’est-ce pas une sorte d’engagement socio-politique ?

Lorsque Dieretou Diallo combat pour la valorisation de la femme guinéenne voire africaine, lorsqu’Anne Marie Befoune fournit des recommandations socio-politiques pour les citoyens africains (je vous invite d’ailleurs à lire son article sur l’entrepreneuriat), lorsque je m’intéresse à une nouvelle manière d’éduquer au Togo, lorsque Aziz Yérima démocratise le paiement en ligne avec PayDunya, n’est-ce pas une forme d’engagement socio-politique ou socio-économique sous le voile de l’entrepreneuriat ? Il faut noter (Hamidou Anne le sait sûrement) que bon nombre d’actions d’entrepreneurs sont liées à l’action publique. D’ailleurs, l’entrepreneuriat est un appui aux politiques. De la même manière que tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur, de cette même manière tous les jeunes ne peuvent se hisser au rang de propulseurs politiques. Il faut de tout pour faire un monde. J’ai d’ailleurs rédigé un billet en 2015 sur la jeunesse togolaise à propos de l’engagement politique, une théorie du changement discutable, entre désintérêt politique et frustration politique.

Il faut donc préciser, au-delà de tous ces discours de célébration de l’entrepreneuriat, que tout entrepreneur ne doit pas être défini avec « le business » collé sur le front. Critiquer l’entrepreneuriat en Afrique c’est bien, mais les jeunes qui, selon Hamidou Anne, doivent plutôt s’orienter vers l’action publique, seront soutenus par qui ? Par les mêmes grands groupes et grandes nations qui soutiennent l’entrepreneuriat je suppose ? Le problème demeure donc, malgré le changement d’orientation du combat.

Je suis d’accord avec l’hypermédiatisation dont bénéficie l’entrepreneuriat sur le continent, à tel point que certains projets primés lors de grandes cérémonies ne sortent pas du tunnel de la réalisation. Il est vrai que des actions correctives doivent être apportées au cadre entrepreneurial, afin d’y apporter une « sainteté » propice, adéquate et éthique.

J’aurais préféré que nous unissions nos forces pour un couple harmonieux entre éducation et instruction, afin de former des jeunes plus avertis, afin que l’éthique soit au centre de leurs actions, entrepreneuriales ou socio-politiques.

Je pense que l’entrepreneuriat fait partie de ce combat afroptimiste que livre Hamidou Anne, et qu’il devrait donc tenir compte de son impact positif sur les habitudes des citoyens et le continent africain.

Oui, l’entrepreneur est utile pour l’Afrique.

Cordialement.