Campagne de crowdfunding Africa Coworkers

Les espaces de coworking en Afrique de l’Ouest, disons-le, il n’y en a pas une tonne. Jokkolabs au Sénégal est la référence dans la sous-région. Il est recensé près de 6000 espaces de coworking spaces dans le monde, et ce concept d’espace mutualisé est plutôt adapté aux entrepreneurs qui ne peuvent se permettre de payer un loyer pour un local de leur entreprise. Je parie que si ce concept existait des années auparavant, certains entrepreneurs comme Steve Jobs ou Bill Gates n’auraient pas commencé leur business dans leur garage. Au fond, le coworking space est un vaste garage avec pleins de compartiments à exploiter. L’Afrique l’a compris, d’où la première conférence africaine sur le coworking en Afrique du Sud en Juillet 2015.

Et le Togo dans tout cela?

Cependant, au Togo, dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, toutes les conditions ne sont malheureusement pas encore réunies pour l’éclosion d’espaces de coworking, bien que des efforts soient faits par les autorités gouvernementales. De jeunes entrepreneurs se sont rendus compte qu’un espace pareil serait très utile et bénéfique pour l’économie collaborative, un espace de coworking du Togo qui serait également une référence dans la sous-région.Lire la suite de

Un gendarme se faisant corrompre

Pour poursuivre notre réflexion sur la corruption en Afrique subsaharienne dont la première partie a fait l’objet d’un billet, nous avons décidé de nous interroger sur la non effectivité de la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace communautaire CEDEAO. Nous avons pris la peine d’échanger avec des commerçants et des vacanciers qui prennent souvent le bus d’un pays à un autre en Afrique subsaharienne. Plus de la moitié des interviewés affirment donner aux agents frontaliers 2000F CFA à 5000 F CFA même si tout est en règle.

Quid des statuts et des directives communautaires de la CEDEAO ?

Art 55 l. Les États membres s’engagent à établir dans un délai de cinq (5) ans après la création d’une Union douanière, une union économique et monétaire à travers:

  1. ii) la suppression totale de tous les obstacles à la libre circulation des personnes, des tiers, des capitaux et des services ainsi qu’au droit de résidence et d’établissement;

Article 59

Immigration

  1. Les citoyens de la Communauté ont le droit d’entrée, de résidence et d’établissement et les États membres s’engagent à reconnaître ces droits aux citoyens de la Communauté sur leurs territoires respectifs, conformément aux dispositions des protocoles y afférents.
  2. Les États membres s’engagent à prendre, au niveau national, les dispositions nécessaires pour assurer l’application effective des dispositions du présent article.

En 2014, la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest avait entamé le processus de suppression de la carte de séjour pour les citoyens des pays membres résidant dans un des pays de l’Organisation sous-régionale. Ce processus a-t-il réellement abouti ? Quelles en sont les conclusions ?

Selon l’article 55 des statuts de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Afrique de l ‘Ouest, où en est la suppression totale de tous les obstacles à la libre circulation des personnes ? Certes, la décision de la CEDEAO de faire établir aux populations une carte d’identité biométrique est louable, mais y a-t-il des moyens de contrôle et de sanction qui seront mis en œuvre afin de faire respecter cette décision par les agents frontaliers ? Les populations en Afrique de l’Ouest ont-ils la garantie qu’avec la carte communautaire biométrique, ils ne seront plus obligés de verser des pots-de-vin aux agents frontaliers lors de leur voyage ? Tant que les corrupteurs ne sont pas inquiétés, lutter contre la corruption sera un vain combat et une vaine expression.

Au commencement était l’éducation

Pourrions-nous lutter contre la corruption si certains, au nez à la barbe des autres, prennent ce qui ne leur appartient pas, ou ce qui selon eux leur est dû ? Que nous apprennent-ils donc ? Tout récemment des blogueurs togolais se sont interrogés sur l’éducation au Togo, et il faut noter un schéma similaire dans les pays de la sous-région. Le manque de modules prenant en compte l’éthique met à nu le manque de respect des principes juridiques élémentaires ; l’absence d’une éducation de plus dans nos maisons justifie le mépris que nous avons des règles communautaires au sens strict et large ; à tout cela s’ajoute le comportement des aînés et des parents. Un enfant voit son père faire, le copie inconsciemment et reproduit les mêmes choses, c’est-à-dire, ce qu’il voit. Si son père lui avait dit pas à l’avance « j’ai posé des actes, tu ne devrais pas faire pareil », cela aurait peut-être changé la direction de la roue.

Tout ce que nous vivons dans nos sociétés est juste un reflet de ces erreurs, de ces manques, au fait que la base soit faussée par la mise en lumière d’un fossé entre l’éducation et l’instruction.

Comme le disait Charles Sanches, « la déliquescence de notre temps vient aussi du fait que nous n’avons plus de considération pour le droit et les principes juridiques ».

J’en profite pour lancer un message aux jeunes de ma génération. Ne faisons pas les mêmes erreurs que nos aînés, ne nous disons pas que la voix royale vers l’épanouissement est de suivre les pas de personnes dépourvues d’éthique et de morale . En reproduisant le même schéma, ne soyons pas surpris de relire des écrits pareils produits par nos petits frères dans 30 ans.

Cordialement.