Campagne de crowdfunding Africa Coworkers

Les espaces de coworking en Afrique de l’Ouest, disons-le, il n’y en a pas une tonne. Jokkolabs au Sénégal est la référence dans la sous-région. Il est recensé près de 6000 espaces de coworking spaces dans le monde, et ce concept d’espace mutualisé est plutôt adapté aux entrepreneurs qui ne peuvent se permettre de payer un loyer pour un local de leur entreprise. Je parie que si ce concept existait des années auparavant, certains entrepreneurs comme Steve Jobs ou Bill Gates n’auraient pas commencé leur business dans leur garage. Au fond, le coworking space est un vaste garage avec pleins de compartiments à exploiter. L’Afrique l’a compris, d’où la première conférence africaine sur le coworking en Afrique du Sud en Juillet 2015.

Et le Togo dans tout cela?

Cependant, au Togo, dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, toutes les conditions ne sont malheureusement pas encore réunies pour l’éclosion d’espaces de coworking, bien que des efforts soient faits par les autorités gouvernementales. De jeunes entrepreneurs se sont rendus compte qu’un espace pareil serait très utile et bénéfique pour l’économie collaborative, un espace de coworking du Togo qui serait également une référence dans la sous-région.Lire la suite de

Développement de l'Afrique via l'entrepreneuriat

Vous l’aurez compris, le titre de l’article est un droit de réponse à l’article de mon cher ami Hamidou Anne : Non, l’entrepreneur ne changera pas l’Afrique. J’aurais préféré « Non, l’entrepreneur ne changerait pas l’Afrique », mais encore…

Je ne serai pas long dans ce léger billet. L’article du chroniqueur du Monde Afrique aborde un certain nombre de points avec lesquels je suis plutôt d’accord :

« Des lobbies financiers drapés pourtant dans un épais manteau de bonne volonté et de philanthropie contrôlent le curseur du débat public. Ils ont choyé l’entreprenariat et ont imposé les termes du débat. Pas un jour sans un article, une vidéo ou des affiches sur les réseaux sociaux vantant les mérites du jeune X auparavant en France ou au Canada et dorénavant rentré avec un génial projet Y pour sauver l’Afrique. Pas une rencontre de jeunes sans entendre ce fameux discours touchant et bien convenu sur la nécessité de construire une alternative aux Etats en se lançant tête baissée dans le montage d’une start-up » Hamidou Anne, Le Monde Afrique

Il est vrai que le vrai visage n’est parfois pas montré, le chemin tortueux par lequel il faut passer et par lequel on arrive à réussir. Il est vrai que de grands groupes et des multinationales se lancent dans le financement des startups en Afrique, comme pour se sentir moins sales dans leur responsabilité sociale fort décriée. Il est vrai que des incohérences ne pas sont pas artifices dans cette sphère de l’entrepreneuriat en Afrique.

Cependant, lorsque je lis dans le même article d’Hamidou Anne, « Nos pays ont davantage besoin de gynécologues, d’enseignants, de policiers avec l’éthique et l’ambition nécessaires au service de l’intérêt général, que de chefs d’entreprises se résumant à un bout de papier administratif dans une pochette. C’est une réalité souvent qu’on élude…L’entrepreneur ne changera pas l’Afrique, car il n’est en rien supérieur au fonctionnaire, encore moins au politique. Tout dépend de ce que chacun, dans le quotidien de son engagement, fait ou aspire à faire. Il y a même, selon ma conception, une primauté de l’action publique sur le reste, qui nécessite de s’y s’engager pour que l’Afrique change véritablement et durablement. », je me pose un certain nombre de questions.

N’y a-t-il pas des success stories qui sont liées à cette action publique, comme Gifted Mom, qui lutte contre la mortalité infantile ? N’est-ce pas une sorte d’engagement socio-politique ?

Lorsque Dieretou Diallo combat pour la valorisation de la femme guinéenne voire africaine, lorsqu’Anne Marie Befoune fournit des recommandations socio-politiques pour les citoyens africains (je vous invite d’ailleurs à lire son article sur l’entrepreneuriat), lorsque je m’intéresse à une nouvelle manière d’éduquer au Togo, lorsque Aziz Yérima démocratise le paiement en ligne avec PayDunya, n’est-ce pas une forme d’engagement socio-politique ou socio-économique sous le voile de l’entrepreneuriat ? Il faut noter (Hamidou Anne le sait sûrement) que bon nombre d’actions d’entrepreneurs sont liées à l’action publique. D’ailleurs, l’entrepreneuriat est un appui aux politiques. De la même manière que tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur, de cette même manière tous les jeunes ne peuvent se hisser au rang de propulseurs politiques. Il faut de tout pour faire un monde. J’ai d’ailleurs rédigé un billet en 2015 sur la jeunesse togolaise à propos de l’engagement politique, une théorie du changement discutable, entre désintérêt politique et frustration politique.

Il faut donc préciser, au-delà de tous ces discours de célébration de l’entrepreneuriat, que tout entrepreneur ne doit pas être défini avec « le business » collé sur le front. Critiquer l’entrepreneuriat en Afrique c’est bien, mais les jeunes qui, selon Hamidou Anne, doivent plutôt s’orienter vers l’action publique, seront soutenus par qui ? Par les mêmes grands groupes et grandes nations qui soutiennent l’entrepreneuriat je suppose ? Le problème demeure donc, malgré le changement d’orientation du combat.

Je suis d’accord avec l’hypermédiatisation dont bénéficie l’entrepreneuriat sur le continent, à tel point que certains projets primés lors de grandes cérémonies ne sortent pas du tunnel de la réalisation. Il est vrai que des actions correctives doivent être apportées au cadre entrepreneurial, afin d’y apporter une « sainteté » propice, adéquate et éthique.

J’aurais préféré que nous unissions nos forces pour un couple harmonieux entre éducation et instruction, afin de former des jeunes plus avertis, afin que l’éthique soit au centre de leurs actions, entrepreneuriales ou socio-politiques.

Je pense que l’entrepreneuriat fait partie de ce combat afroptimiste que livre Hamidou Anne, et qu’il devrait donc tenir compte de son impact positif sur les habitudes des citoyens et le continent africain.

Oui, l’entrepreneur est utile pour l’Afrique.

Cordialement.

Affiche de l'événément Café Numérique Lomé startups

Café Numérique Lomé : Tech228

« Dis-moi quels collaborateurs tu as, je te dirai quel type de startup tu es ». Le thème de la Première Edition du Café Numérique Lomé, qui s’est tenue le samedi 20 août à Lomé, nous a poussés à aborder un certain nombre de sous-thématiques qu’un entrepreneur ne saurait négliger. D’Efy Saboutey à Brice Tchendo en passant par Edem Gbétoglo (je remercie au passage Yves Kokoayi, Ceo de Tech228 de m’avoir associé aux panélistes du Café Numérique Lomé), plusieurs sujets ont été abordés dont la différence entre startups et incubateurs et une comparaison entre l’écosystème togolais et sénégalais.

Les échanges entre les participants et les panélistes m’ont fort appris et ont soulevé un point important que je voudrais aborder dans ce billet : sur quels bases choisir ou embaucher des collaborateurs, et avec quel type de collaborateurs  faut-il mener ses activités ?

Panélistes Café Numérique Lomé startups

De la Gauche vers la Droite (Edem Gbétoglo – Efy Saboutey – Yves Kokoayi – Brice Tchendo

Sur quelles bases choisir ou embaucher des collaborateurs ?

Les panélistes de l’événement étaient plutôt d’accord sur un point : « il faut plus miser sur le savoir-faire  du collaborateur que sur les diplômes listés sur son curriculum vitae ». Dans une startup, l’entrepreneur a besoin de travailler avec des profils qui sont adaptables, ou dirais-je, « décapotables ». Certes, le Job Description est fait, le collaborateur connaît ses obligations et ses tâches, mais il faut reconnaître que c’est toujours intéressant de travailler avec une personne qui a plusieurs tours dans son sac, qui arrive à s’adapter même si ce n’est point aisé, qui fait des efforts et manifeste le désir d’apprendre.

Le diplôme permet au collaborateur d’avoir les bases, le savoir-faire et le feeling pour le job sont la cerise sur le gâteau.

Avec quel type de collaborateurs  faut-il mener ses activités ?

Il faut préciser que les jeunes entrepreneurs ne doivent pas perdre de vue les valeurs telles que l’humilité, l’éthique et le respect. Les collaborateurs avec qui vous devez travailler doivent incarner ce que vous voulez faire de votre entreprise et la vision que vous en avez. L’éthique est la valeur que je considère personnellement comme une des plus importantes que vos collaborateurs doivent avoir. Quel que soit le domaine dans lequel vous évoluez, si vous travaillez avec des collaborateurs qui n’ont aucun respect pour l’éthique et la bonne gestion des ressources dont votre entreprise dispose, vous ne perdrez pas seulement de l’argent, mais vous perdrez également des clients.

Ce Café Numérique m’a également permis d’échanger avec des personnes fort intéressantes, dont  , Madzé Agbétiafa, lauréat du concours RFI Challenge App Afrique et Noélie Falone Alognon. Le Togo regorge de talents et d’entrepreneurs qui n’hésitent pas et qui se battent dans un environnement plus ou moins favorable. Cette édition n’étant que la première, nous espérons que les prochaines éditions du Café Numérique Lomé auront des thèmes aussi intéressants que pragmatiques pour la jeunesse togolaise et les startups du pays.

Cordialement.