François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont affrontés lundi soir pour la première fois.

Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, et les autres…

Les candidats à la Présidentielle française sont toujours outillés en arguments, ceux de 2017 le sont encore plus lors de ce débat présidentiel. Nous avons eu droit à des échanges, des remises à niveau, à des railleries subtiles (Ah sacré Mélenchon) et également à des paroles « rayées » (Marine, oh !!! Marine).

Bénoît Hamon et François Fillon

De la gauche vers la droite, Bénoît Hamon et François Fillon.
Source: www.non-stop-politique.fr

Bénoît Hamon et Fillon, que dire de vous ?

Je ne sais pas ce que je pourrais bien dire des deux candidats, respectivement de la Gauche et de la Droite. En analysant leurs idées et leurs propos lors de ce débat présidentiel, il faut avouer qu’il n’y a pas réellement de surprises. François Fillon, il est assez difficile de lui faire confiance à présent, vu les accusations qui pèsent sur lui. Notre cher Bénoît est calme, posé (un peu comme François Hollande à l’époque contre Sarkozy), défend ses idées sans s’emporter. C’est un candidat idéal a priori (pas forcément LE candidat idéal).Lire la suite de

Générations Y et Z sont-elles si différentes?

Je ne vais pas me lancer dans des définitions conceptuelles des générations Y et Z, non. Il faut retenir que la première est née entre 1980 et 1997, et la seconde est née entre 1997 et 2011 (je sens qu’il y en a qui commencent à calculer leur âge très rapidement, ça m’a fait le même effet il y a des années). Je n’ai jamais écrit sur ce type de sujets d’ailleurs, je ne saurai vous en expliquer la raison.

Depuis un moment, je lis pleins d’articles qui ressassent les « prouesses prédéfinies » de la génération Z. Tout a commencé avec les différences culturelles entre les deux générations, ensuite la génération Y qui imposerait ses codes au travail, et enfin la génération Z qui serait extraordinaire en cette année 2017. Cela paraît tellement simple. Cependant, j’ai une panne de réflexion avec ces constructions issues de Médias qui savent apparemment tout de ces générations. Ils nous connaissent si bien, ils connaissent si bien nos réalités.

Le 4ème pouvoir ne connaît plus de limites

J’aimerais préciser, pour entrer dans le moule des constructions faites en la matière, que je suis de la génération Y, les « millenials », et pas de la Z, les « post-millenials ». Les millenials ont découvert internet et ont grandi avec, ils se sont adaptés à cette métamorphose. Des métiers décrits par les médias sont apparus à cet effet, « le community management » par exemple. Les entreprises devaient s’y adapter, elles devaient l’intégrer dans « leur manière de penser », et elles l’ont faite. Tout est allé si vite, mêlant les deux générations dans la course aux « métiers du futur ». En Afrique, tout le monde veut devenir community manager, sans se former (c’est si simple avec un smartphone ou un i5). La génération Y s’est « acclimatée » et s’est appropriée les outils numériques. C’est un peu comme un enfant qui découvre une prise électrique et veut absolument pousser la découverte à bout au point de vouloir la toucher du doigt (nous avons tous connu cela). Mais les médias (encore eux) annoncent qu’il est possible que les community managers disparaissent avec le temps (la ruée vers l’or ne devient que fumée à l’horizon).

Générations Y et Z sont-elles si différentes?

difference between Z and Y : recruitloop.com

En quoi la génération Z sera si différente de la Y au fait?

Quant à la génération Z, elle est « tombée » dans la sauce des téléphones tactiles, c’est peut-être elle qui représente les digital natives selon moi. Ma collègue mondoblogeuse Clara Delcroix disait à propos de cette génération intéressante dans son article :« la génération Z va agir comme un véritable rouleau compresseur ». 

Mais ce que beaucoup oublient, c’est que la génération Z va rencontrer les mêmes problèmes que la génération Y sur le plan professionnel (voire personnel). Certes, la nouvelle génération va obliger les entreprises à repenser leurs produits et prendre des décisions plus ciblées, elle va peut-être imposer sa manière de concevoir des choses en entreprise, mais n’est-ce pas ce qui se disait de la génération Y? Et pourtant, le discours a changé aujourd »hui. On pense que cette génération dont je fais partie n’arrive pas à relever le défi professionnel, elle est malheureuse au travail. Elle n’y arrive tout simplement pas. Pourquoi? Elle trouve la vie facile avec tous les gadgets numériques, tout était si simple pour elle, selon les dires de Simon Senek.

Et en quoi la génération Z sera loin de cette réalité, comment va-t-elle pouvoir s’adapter et imposer ses valeurs (et quelles valeurs déjà?). Regardez un peu ce que font les deux générations lorsqu’il y a un accident ou un incendie ; elles prennent des photos, certains font du direct au calme (ce qui ne peut leur permettre d’appeler les secours).

Ce que font les générations Y et Z après un accident de la route

Ce que font les générations Y et Z après un accident de la route
Crédit : Adrian McDonald Photography : www.lexonproductions.com

Elles ont toutes snaptchat, instagram, facebook, whatsapp. Toutes ces applications se ressemblent tellement à présent. Cependant, combien sont sur twitter et LinkedIn? Pour ma part, je considère ces deux dernières applications plus intéressantes et plus professionnelles. Et vous me parlez d’une nouvelle génération Z qui peut décider de se déconnecter? Elle s’imagine déjà ne pas pouvoir vivre sans les gadgets numériques.

Pensez-vous que la génération Z pourra imposer ses idées et/ou valeurs dans la société ou dans le milieu professionnel, alors qu’elle lit rarement des informations utiles, qu’elle ne connaît pas LinkedIn et qu’elle n’arrive pas à défendre un projet professionnel? Le numérique n’est pas tout, le fait d’être « désigné » génération hors pair n’est qu’une construction relative. Et en parlant de construction relative, la génération Z ne saurait être la même en Afrique et en Europe ainsi qu’en Amérique Latine par exemple. Les réalités et les besoins ne sont pas similaires pour parler d’une généralité dominante. Et d’ailleurs, où y a-t-il le plus de jeunes dans le monde?

Où y a-t-il le plus de jeunes dans le monde, la réponse en carte: quid de la génération Z

Plus le pays est foncé, plus sa population est jeune : ici.radio-canada.ca

Veuillez passer le message à la génération exceptionnelle Z svp.

L’éducation est au centre d’un certain nombre de mouvements et de décisions sociales dans les associations, les Organisations Non Gouvernementales, qu’elles soient en Afrique ou en Europe. Les pays en développement reçoivent des aides publiques et subventions des pays nantis, des APD les appelle-t-on affectueusement, dans le cadre des Objectifs de Développement Durable. Il est question dans ce billet de l’aide aux pays africains francophones. Le 27 octobre 2016, j’étais à la soirée-événement de la Coalition Education relative au lancement de la campagne de sensibilisation, sous le thème, « Education : La France doit faire le choix de la solidarité ». Il est reproché à l’Etat français de consacrer de moins en moins de fonds à l’éducation primaire et secondaire aux pays en développement dont les pays africains, et d’utiliser cette aide à l’éducation sous d’autres formes, telle des bourses d’études pour les étudiants africains voulant étudier en France. Bref, la France fait de cette aide un usage domestique pour plutôt attirer des compétences universitaires utiles à son développement.

Discussion sur l'aide publique française à l'éducation

Photo crédit : Edem Gbétoglo

Pour preuve, la France met près de 90% de son aide à l’éducation dans la balance « bourses d’études ». La France oriente donc son aide à l’éducation vers l’enseignement supérieur, c’est-à-dire, vers le financement des étudiants étrangers de l’enseignement supérieur. La Chine est d’ailleurs le pays qui profite le plus de cette manne financière, en termes de bourses d’études pour les étudiants.

L’action de plaidoyer de Coalition Education vise à renforcer l’aide à l’éducation de la France à destination des pays en développement.

Pour une augmentation de l'aide publique française à l'éducation

coalition-education.fr

La vidéo vous en dira plus…

Faut-il s’interroger sur les raisons qui poussent la France à orienter son aide à l’éducation vers l’enseignement supérieur ?

Bien évidemment que la question mérite d’être posée, selon moi. Je pense d’ailleurs qu’il faut commencer par là.

Attractivité de la France, renforcement de compétences universitaires, débauchage de meilleurs étudiants étrangers, pouvant donc servir de compétences avérées à long terme. Mais cela est du « déjà vu » dans beaucoup de pays occidentaux avec les multiples bourses d’études en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique ou encore  au Japon. La France ne fait rien de si extraordinaire, à part concurrencer les autres puissances dans cette sphère.

Quid de l’orientation vers la professionnalisation des enseignements en Afrique subsaharienne ?

Une camerounaise prit la parole et se demandait, pour quelles raisons continuer à financer des programmes d’éducation qui ne répondent pas aux besoins académiques et professionnels des camerounais ? Je me suis retrouvé dans le schéma décrit par la demoiselle pendant une dizaine de minutes, et je me suis souvenu du dossier Education au Togo de Mondoblog. Nos pays se ressemblent tellement sur ce point. Du coup, la question est de savoir s’il ne faut pas définir là où l’on va avant de financer les programmes d’éducation. Une dame disait d’ailleurs lors de la conférence qu’il va falloir arrêter de former des philosophes, et commencer à former des profils dont l’Afrique a réellement besoin.

Le but poursuivi est-il de financer tout simplement les programmes, ou de chercher également une issue positive? Sur cette question, je « nous » jette la pierre en lançant un appel à nos gouvernants. Ce n’est pas à la France ou à une quelconque puissance de définir à notre place un programme d’éducation, c’est à nous de définir des politiques adaptées à nos besoins, tout en prenant en compte la compétitivité des personnes formées sur le marché de l’emploi.

Mes recommandations : miser sur aussi bien un enseignement dans les langues locales que dans celles internationales. Nous ne pouvons pas nous enfermer dans un cocon linguistique et espérer être compétitif en anglais, ce n’est pas possible. Il faut également repenser la manière d’enseigner pour qu’elle soit aussi pratique que théorique. Autant d’apports à intégrer dans nos programmes d’enseignement, qui nous permettront de rendre ces financements bénéfiques pour nos pays.

Quid de la gestion de l’aide à l’éducation par les bénéficiaires ?

Il faut également se poser la grande question sur le suivi de cette aide. Combien de fois n’a-t-on pas lu des articles et entendu les gouvernements africains (Togo, Cameroun, Bénin, Sénégal, Burkina, pour ne citer que ceux-là) se prononcer sur les aides à l’éducation à des millions d’euros ? Malheureusement, il est rare de voir les fruits tenir la promesse des fleurs. Où vont ces fonds ? A quoi servent-ils concrètement ? Il y a là le gros hic concernant le détournement probable d’une partie de l’aide à l’éducation. Par qui?

Suivez mon regard…

Étonné par le détournement de l'aide publique à l'éducation

Regard froissé : fr.pinterest.com

J’ai posé la question au moment du cocktail de réseautage, et il paraîtrait que des ONG et les sociétés civiles dans les différents pays précités, s’occupent de ce genre de « souci éthique ». De ce que je sais, la société civile dans nos pays africains n’est pas aussi crédible qu’elle devrait l’être, doit-on leur faire confiance ? J’ai donc pensé à l’Agence Française de Développement. Je pense que dans tout projet, il y a le volet « suivi et évaluation ».Oui, il s’agit de transparence, oui, de transparence de l’aide. Si l’AFD a des mesures de contrôle pour les aides au développement, il faut préciser qu’il y a donc un flou dans la coopération avec les pays bénéficiaires.

Loin d’être prétentieux, il serait fort intéressant que les rapports d’évaluation de ces projets soient des données ouvertes, pour que les citoyens des pays en développement sachent comment sont utilisées les ressources financières. Pour une éducation plus responsable, pour une responsabilité de notre éducation, pour une responsabilité de la destinée de la génération à venir, pour une décision de mériter une aide publique à l’éducation, et pour une éthique de l’éducation.

La corruption est dans les coulisses et fait le tour des portefeuilles de nos chers dirigeants africains. Nous devrions avoir honte d’espérer chaque année des financements de pays « développés », sous prétexte que nous y avons droit. Combien consacrent les pays en développement à l’éducation dans leur loi de finances? Dans le Plan Sectoriel de l’Education au Togo 2010-2020, il est écrit noir sur blanc à la page 23 : « Dans le système éducatif, la contribution de l’État au financement de l’éducation est importante. En 2007, l’État a consacré 23,5 % de ses dépenses courantes au secteur de l’éducation. » Et tenez-vous bien, à la page 22 du même document, il est spécifié dans le tableau 1.2 que les dépenses courantes totales des dépenses publiques de l’éducation au Togo se chiffrent à 45 milliards. Et nous avons encore besoin d’oseille pourquoi? Pourquoi n’y a-t-il pas réellement d’améliorations d’ailleurs? (vous connaissez la réponse tout au fond de vous). D’aucuns me parleront de gratuité à l’école primaire au Togo brandie par les politiques (comme si gratuité rimait avec qualité), je leur dirai que les conditions ne sont toujours pas réunies pour apprécier la portée positive d’une telle démarche.

Ce qu’il nous faut dans nos pays africains, ce sont des dirigeants non déconnectés de la réalité sociale de la population, et qui ont une volonté politique, l’envie de vouloir (oui je sais, je me répète, mais j’insiste pourtant) améliorer le système éducatif. Si la volonté y est réellement, et si nous arrêtons de détourner les fonds prévus dans notre propre budget et reçus d’ailleurs, l’amélioration sera au rendez-vous. J’en ai fini.

Cordialement.