La vie de couple et l'éducation sur le genre doivent jaillir à l'image de cette eau jaillisante

Cette semaine je suis tombé sur une excellente publication de Mikafui Akue que vous pouvez retrouver ici (pour mieux comprendre mes propos, vous devrez lire la publication en question), qui traite des normes sociales, de l’éducation, du genre et de la vie de couple.

Au-delà du débat sur le féminisme, je pense que cette publication pose deux sujets intéressants : le partage des tâches dans la vie de couple (pour les couples qui vivent ensemble surtout), et la considération du rôle de la femme par son homme.

Je trouve important que l’on parle des tâches à réaliser lorsqu’on est en couple. Dans la plupart des familles ou couples, la femme s’occupe de la cuisine, des enfants, des courses etc, et l’homme s’occupe des dépenses du foyer, des factures etc. Au fond, beaucoup d’entre nous ne faisons que reproduire les actes de nos parents, parce qu’on les voyait « faire ». Pour ma part, il est important d’en parler avec son/sa partenaire avant de cohabiter ensemble : oui, en parler. Ce n’est pas un sujet si banal que d’en savoir plus sur la vision que son conjoint/sa conjointe a de la vie en couple et des implications d’une décision de vivre ensemble. Le seul fait d’en discuter permet à chacun de se situer et d’en savoir plus sur l’univers familial de l’autre. Oui, il faut « connaître l’autre », pas seulement se dire « je t’aime, moi non plus ». C’est dommage de voir que beaucoup de jeunes qui disent être en couple ne discutent plus, n’échangent plus sur des sujets touchant la gestion budgétaire, le respect, la vie de famille, le projet de vie, etc. D’ailleurs, Gary Chapman consacre les chapitres 7 et 8 à quelques thèmes dans un livre de poche, « Ce que j’aurais aimé savoir avant de me marier ». Avec moins de 10 euros (moins de 7000 f cfa), vous avez ce livre. Même si vous n’aimez pas lire, je vous conseille de vous procurer ce bijou et de le parcourir progressivement, vous y apprendrez un certain nombre de choses. Et si vous êtes en couple (marié ou pas), c’est encore mieux de le lire à deux.

Le second point (la considération du rôle de la femme par son homme) est encore plus intéressant. En premier lieu, la participation de la femme à l’équilibre du foyer n’est pas perçue de la même façon, selon que l’on soit en Afrique ou en Occident. On suppose en Afrique qu’une femme qui n’a pas une rémunération fixe ne participe « pas assez » à la gestion budgétaire du foyer, alors qu’elle est revendeuse ou couturière et s’occupe généralement des enfants. A côté de cela, elle s’occupe généralement de la cuisine et est capable de contribuer à la popote donnée par son mari pour que « la maison puisse convenablement se porter ». Avec la montée du féminisme, on entend des hommes dire que les femmes ne contribuent pas à 50/50, mais qu’elles veulent s’émanciper.

De mon point de vue, ce n’est pas une contribution de 50% au budget familial qui fait d’une femme « une participatrice » ; elle est déjà une sacrée contributrice, même avec 10% de son revenu dans la balance.

De plus, combien d’hommes aident leur femme en cuisine ? Combien d’hommes apprennent à cuisiner en famille avant de se marier ? Combien prennent sur eux de faire doucher les enfants lorsque la femme est en cuisine ? Là je parle de l’Afrique, même si on ne peut généraliser cela à tous les pays du continent. En Occident, les femmes s’investissent plus financièrement, parce que le contexte n’est pas le même. On n’aura pas besoin de dire à un homme qu’il devra faire doucher les enfants et leur faire à manger lorsque la femme n’est pas encore rentrée. On n’aura pas besoin de lui dire qu’il doit récupérer les enfants à la sortie de l’école. On n’aura pas besoin de lui rappeler qu’il peut faire les courses ou faire la cuisine, parce que le quotidien dans les pays occidentaux oblige les deux partenaires à s’investir. Attention, je ne dis que tout est rose dans la vie de couple en Occident, mais…

Le contexte n’est pas le même, encore moins les réalités sociales.

Vous l’aurez compris. Je fais référence à ce qu’il faut faire en amont pour éviter les problèmes soulevés par Mikafui Akue dans sa publication. Au fond, tous ces problèmes peuvent être réglés par un changement de mentalité.

Il s’agit de commencer par la base : l’éducation des enfants. Ce sera aux futurs parents d’aujourd’hui de rectifier le tir, pas en « disant », mais en « faisant » beaucoup plus. C’est à ce niveau que le livre de Gary Chapman intervient, parce que pour « faire », il faudra au moins « savoir ».

Oui, il s’agit pour les futurs parents que nous sommes de donner le bon exemple, « car les enfants nous verront et nous copieront des années plus tard ». Tant que nous n’aurons pas le cran de passer par cette étape, quelles que soient nos paroles, elles risqueront d’être vaines, et le cercle vicieux sera entretenu. Aux hommes et pères de montrer à quel point ils chérissent la femme, à quel point ils s’investissent dans la vie de couple et la vie quotidienne de famille. Il faut parfois expliquer à son enfant pourquoi en tant que père de famille, on s’investit autant dans les tâches et les activités familiales. Le changement de mentalité dont on parle partira de là. Et dans ce cas précis, regarder son enfant 25 ans plus tard et être fier de ses opinions, de sa manière de traiter sa conjointe/son conjoint et de l’éducation qu’il/qu’elle transmet aux petits enfants est le plus beau cadeau que l’on puisse souhaiter avoir.

Edem Gbétoglo en réflexion sur la vie de couple et l'éducation sur le genre.

Edem Gbétoglo en réflexion sur le sujet.
Photo crédit : Edem Gbétoglo

Souvenons-nous en tant que parents (et futurs parents) que la vie a un début et une fin, l’important c’est ce qu’on en fait. Cette pensée me guide et me permet de prendre conscience de l’importance de l’éducation dans bon nombre de situations. J’espère qu’elle vous sera également utile.

Une bulle de savon maintenue au gré du vent, comme dans les relations humaines

Relations humaines, choix de vie, éducation, ce sont des thèmes que j’ai énormément abordés pendant ces douze derniers mois dans mes chroniques publiées régulièrement sur ma page Facebook. Une chose que j’ai apprise lors de ces rédactions est que les relations humaines ne sont pas parfaites et sont en quelque sorte le socle de notre vie. Les choix de vie prennent d’ailleurs parfois en compte les relations humaines. Pendant que certains choisissent d’aller dans une direction donnée (études, emploi, voyages) à cause d’une personne qui compte énormément pour eux, d’autres perdent des personnes importantes de leur vie parce qu’ils ont fait des erreurs ou encore des choix qu’il ne fallait pas faire. Et à côté de tout cela, il existe des relations humaines qui n’ont pas tenu le coup, à cause de quiproquo, d’erreurs ou encore de mauvais choix du passé. Tout ce que je viens de citer résume une partie de notre vie à tous ; on se retrouve forcément quelque part sur l’échiquier lorsqu’on est honnête avec soi-même.

Comme je vous le disais, j’ai abordé un certain nombre de thèmes cette année, pas par pure fantaisie, mais parce qu’avec le temps, il y a des choses fondamentales que j’ai comprises et apprises. J’ai toujours voulu peindre des mots avec des images. Certaines de mes chroniques sont des vécus, d’autres sont juste le fruit de mes échanges avec des groupes d’amis ou encore le fruit d’une réflexion poussée à la sortie d’une salle de cinéma. J’ai la possibilité de créer une histoire en quelques minutes et d’en sortir une leçon de morale, parce que j’aime apprendre de la vie, j’aime découvrir et aller au-delà, j’aime tomber et me relever plus fort, plus prudent, plus sérieux. Et je n’ai fait que cela cette année, « apprendre de la vie ». J’ai fait des « conneries » comme tout le monde.

Nous les appellerons ici « des erreurs ».

J’ai également pris des décisions importantes qui changent et vont changer encore plus le court de ma vie dans les mois à venir. Vous savez, il arrive des moments dans la vie où on se retrouve à des carrefours de décisions et de choix.

Nous nommerons ces carrefours « des périodes charnières ».

J’ai également perdu des personnes qui me sont chères, des amis, des frères, des sœurs… J’ai également compris que l’hypocrisie a une grande place dans les relations humaines. J’apprécie énormément les amis qui me disent spontanément sans que je ne le demande, « Edem, fais attention à ce chemin que tu prends. Je t’ai écrit parce que je pense que tu devrais reconsidérer telle ou telle situation, ou parce que j’ai entendu telle ou telle chose sur ta personne, je voudrais qu’on en discute, etc. » Cela fait plaisir d’avoir des amis ou des relations humaines dans lesquelles on s’inquiète pour vous sans vous juger, des relations dans lesquelles vous serez prêts à dire, « c’est mon pote… c’est mon amie et je lui fais confiance. »

Alors oui, toutes ces petites expériences m’ont poussé à écrire sur les relations humaines, sur le fait que la déception amicale fait parfois beaucoup plus de mal que la déception amoureuse.

J’écris également sur les relations amoureuses depuis un moment, peut-être parce que je suis amoureux, ou peut-être parce que j’ai une personne dans ma vie qui m’inspire énormément, ou encore peut-être parce que j’ai des échanges avec des personnes mariées, et j’aimerais bien en parler à mon entourage ou mon public à travers de petites histoires imagées. Je fais généralement un lien entre les relations humaines et l’éducation. Je pense sincèrement que nous sommes le produit de notre éducation, et nous devenons de meilleures (ou mauvaises) personnes avec nos expériences. William Backus a écrit dans son livre Bien se connaître pour mieux vivre que nos convictions et notre éducation peuvent avoir une influence sur nos relations.

J’ajouterais que nos relations ont également un impact sur nos choix et notre vie. Plus nos relations humaines sont saines, mieux est notre vie.

C’est à nous de nous connaître pour mieux vivre, pour faire des choix plus judicieux, pour mûrir et grandir. Chacun est imparfait, et lorsqu’on perd un amant, une amante, ou encore des amis, on se rend finalement compte que les imperfections sont parfois d’une atroce banalité ; et qu’on aime finalement cette personne malgré ses imperfections, parce que c’est ce qui fait d’elle cette personne que l’on a aimé avoir dans sa vie à un moment donné.

J’aime bien les paroles de la chanson de Corneille, C’est notre année. Je trouve qu’elles sont assez expressives et peuvent permettre à tout un chacun de se motiver encore plus… à faire mieux. Ce sont d’ailleurs des paroles qu’il faut avoir en mémoire tous les jours, pas seulement en fin d’année.

Une relation humaine est comme une bulle de savon, qui peut disparaître lorsque le vent est trop fort. C’est à vous de maintenir la bulle dans sa forme initiale, à votre manière. Et à ceux qui n’y arrivent pas, il arrive des moments où les mots muets se fondent dans le sablier, il arrive des moments où il ne faut plus essayer de tourner la page, il faut tout simplement la tourner. On peut se faire de nouveaux amis, on peut avoir de nouvelles relations dans lesquelles, celle fois-ci, on ferait plus attention à certains détails, on chérirait plus les moments plaisants, on se sentirait meilleur qu’avant malgré ses défauts.

Votre vie peut ressembler à cette lumière parmi les arbres si vous accordez de l'importance aux relations humaines de votre vie.

Crédit photo : Edem Gbetoglo

 

N’oubliez pas de chérir vos souvenirs à chaque moment de votre vie, n’oubliez pas de méditer et de vous parler à vous-même, n’oubliez pas de vous faire confiance, oui, à vous ; et surtout n’oubliez pas que la vie a un début et une fin, l’important c’est ce que vous en faites.

Entre amour, passions et décisions

Je n’ai pas l’habitude d’écrire sur des sujets de relations amoureuses, bien que j’en discute assez souvent dans des groupes. Tout au long de l’année 2016, ce sujet revenait à plusieurs reprises, la cause étant que nos frères et soeurs s’inquiétaient pour leur avenir amoureux, pour le devenir de leur relation, pour ce moment de demande en mariage qui ne vient presque jamais. Certains d’entre eux se sont mariés avant ce moment où je vous écris, et d’autres, en voyant leurs amis se marier, poussent les portes afin de se trouver rapidement la bonne personne. « Le temps passe », disent-ils du haut de leurs 25 années d’existence. Massa !!!!! Vous vous pressez pourquoi ?

D’aucuns considèrent le mariage comme l’objectif final ou encore la ligne d’arrivée, or il y a des préalables avant ce moment. Créer une complicité avec son partenaire (dès qu’on le/la trouve), composer avec ses valeurs et ses défauts, aimer cette personne parfois si différente de nous, sont autant de choses auxquelles il faut réfléchir avant de penser au mariage.

Trouver un/e partenaire n’est pas aussi facile, mais faire de cette personne un/e partenaire pour la vie est une autre paire de manches, et pourtant c’est ce qu’il faudra faire. Nos sœurs sont ancrées dans un moule social, et les aînées leur rappellent assez souvent que le moment du mariage approche, comme s’il n’y avait que cela qui les définisse en tant que femme.

Pourquoi les relations amoureuses actuelles aboutissent difficilement au mariage ?

Il n’y a pas de réponse toute faite à cette question selon moi. Cependant, il faut le dire, il est difficile pour les jeunes de l’époque actuelle de s’engager réellement dans des relations durables. Soit ils ont peur de prendre le risque avec la phrase « je ne suis pas encore prêt », mais ils sont quand même prêts à flirter et à prendre du bon temps ; soit ils se focalisent sur le physique en oubliant le plus important. Oui, nous avons de ces personnes qui n’arrivent tout simplement pas à s’attacher à une personne au point de pouvoir l’épouser ;

Nous avons de ces personnes qui s’attachent à une personne aussi rapidement qu’elles s’en détachent.

Dès le début de la relation, tout est consommé et ensuite, il n’y a plus rien dans le frigo, plus de surprises à découvrir, plus de mets copieux à consommer. Beaucoup de jeunes suivent le vent, ne définissent pas les priorités et les objectifs clés. Une relation amoureuse est également un projet de vie, et c’est avant tout un projet qui respecte des conditions.

Il ne suffit plus aujourd’hui de vouloir se marier, il faut être prêt pour une relation durable sérieuse. Je ne parle pas seulement de moyens financiers. Pour y arriver, il faut avoir des objectifs à court et à long terme, il faut également avoir un projet (professionnel et personnel),

Et il faut en discuter avec cette personne avec qui vous pensez vouloir être, avec cette personne avec qui vous pensez pouvoir être, il faut en discuter dès le début.

Il faut ensuite séduire son partenaire dès que vous le pouvez, schéma que vous aurez d’ailleurs à répéter dans le mariage.

Oui, il y a une vie dans le mariage, car cette union est une vie qui se vit, elle ne se décrète pas.

Pas la peine d’avoir peur de se lancer, d’être réticent, d’arrêter une relation de deux ans juste parce que l’autre commençait à la prendre au sérieux, de supposer que le mariage est l’objectif ultime… Ce sont toutes ces pensées et actions qui ne permettent pas aux jeunes de respecter des engagements amoureux et personnels.

Vous pouvez y arriver, nous pouvons y arriver. Mais pour l’heure, ce qui m’importe, c’est le match du PSG contre Barcelone.

Cordialement.