Ma mère me disait toujours : « fais ce que tu aimes, et mets de l’amour dans ce que tu fais ». Cette phrase m’a toujours guidé dans mes choix, de ma vie estudiantine à ma vie mi-professionnelle mi-estudiantine, en passant par les projets ponctuels. C’est d’ailleurs dans cette perspective que j’ai décidé de me pencher sur des faits de société en tenant un blog, je m’intéresse à ce qui peut avoir un impact social. Nombreux sont les blogueurs qui se sont lancés dans l’aventure pour la passion et pour l’envie de se prononcer sur des faits qui méritent un regard neuf.

Le 4 juin dernier, j’étais avec des collègues blogueuses, blogueurs et entrepreneurs (Dieretou Diallo, Edith Brou, Florent Youzan, Corneille Towendo, Ibuka Ndjoli, Orphelie Thalmas…). Cette réunion avait lieu dans le cadre de la première édition du Festival en Afrique des Blogueurs et Youtubeurs (FABY) (du 3 au 5 juin 2016, à Dakar,  avec le support de Coca Cola). La réflexion au sujet de « comment créer du contenu africain de qualité » m’a semblé très intéressante parce qu’elle concerne tout blogueur africain qui se respecte. A chaque écrit on se pose un certain nombre de questions.  « Il faut créer un contenu original et captif ». C’est le genre de phrases qu’un blogueur se dit en son for intérieur.

Après deux à trois ans dans le métier (si si, bloguer est un métier selon moi), il peut arriver que le blogueur soit contacté par des institutions pour écrire des articles dans un domaine précis, il arrive aussi que le blogueur veuille « monétiser » son blog via l’apport d’une institution (c’est relatif). Dans ce cas, le blogueur peut-il encore être considéré comme « blogueur » au sens propre du terme, en donnant son avis par exemple ? Ou bien doit-il contrôler ce qu’il écrit en se limitant à un travail de « reporting » ?

Photo du second panel des blogueurs et youtubeurs Faby2016

Crédit Photo : Edith Brou


Le blogueur arrive-t-il au summum de son art en devenant blogueur professionnel ? 

Je pense personnellement qu’une mutation s’opère de plus en plus dans la grande communauté des blogueurs africains. Un blogueur doit poser ses conditions pour continuer à produire un contenu de qualité et à rester authentique et à puiser dans les sources « africaines ».

Certes, la manne financière est importante, mais elle l’est autant que l’est la pertinence des écrits. C’est un peu comme un prétendant qui affirme qu’une certaine demoiselle l’intéressait compte tenu de ses qualités et de ses défauts. Pourquoi celle-ci devrait changer de personnalité dans le mariage ? Pour un blogueur, ce n’est pas aisé de garder son authenticité lorsque l’oseille se mêle à la danse ! Mais il est fastidieux d’écrire pour le compte d’une institution, d’écrire sur des sujets à propos desquels le blogueur ne trouverait pas d’intérêt ou qui seraient contraire à ses principes. Bloguer pour des campagnes sociales et/ou digitales, pour une prise de conscience, pour une meilleure éducation… en partenariat avec des organisations internationales ou non gouvernementales est louable et doit être encouragé. Etre rémunéré tout en étant « utile » est peut-être l’idéal pour un blogueur. Pour ma part, et pour paraphraser Robert Badinter, je vous dirais à ce propos que bloguer c’est bander, convaincre c’est jouir.

Un blogueur sans cause dévolue, est comme un enfant dénudé voire dénué de frusques et de nippes. Bloguez, répandez votre verve à profusion, même au-delà du ciel et des enfers où le diable lui-même sera contraint de succomber à votre élixir de persuasion.

Soyons des blogueurs qui gagnent leur vie mais en respectant les principes que nous défendons dans nos écrits. Soyons les porte-étandards de l’éthique et de la responsabilité, soyons des blogueurs respectables qui gardent en tête l’essentiel, car nos écrits nous définissent.

Cordialement.