Moocs

Nombreux sont les entrepreneurs et des profils en entreprise/organisation qui se forment par des formations en ligne ou MOOCs, étant dans l’impossibilité de se déplacer pour cette noble cause, ou tout simplement dans le but de gagner du temps dans le cadre de leurs activités. Les formations en ligne ou les MOOCs sont pour beaucoup d’africains une manière de se former à moindre coût contre une attestation de formation. Mais il faut préciser que nombreuses sont les formations qui ne sont pas aussi utiles qu’elles en ont l’air. Afin de vous permettre de connaître les plateformes qu’il faut privilégier selon les domaines, je vous propose dans cet article cinq plateformes de MOOCs qui me semblent intéressantes et qui peuvent aider certains d’entre vous à vous former.

  1. Moocs Afrique (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne)

Lorsque nous parlons de Mooc utiles, nous parlons de formations pouvant permettre aux apprenants d’avoir un minimum de notions sur des problématiques qui les concernent directement. Quoi de mieux qu’un MOOC sur la planification urbaine des villes africaines ou encore sur la planification et Design de Systèmes et Technologies d’Assainissement. Ce qui est également intéressant est le fait qu’il y ait en premier lieu des formations adaptées au contexte africain et ceci, en français et en anglais, et en deuxième lieu des niveaux de formation allant jusqu’au doctorat.

Hotsi

Hotsi, le réseau social innovant pour l’Afrique

 

2. Hotshi 

Cette plateforme présentée comme un réseau social par l’équipe de la togolaise Pierrette Atikpo, permet de mettre en contact des professionnels et des entrepreneurs. Hotshi est ouvert à tout cadre, entrepreneur, intellectuel, étudiant, société, institution, organisation sur le continent ou dans les diasporas qui mène déjà ou qui veut mener des actions ou projets pour contribuer au développement de l’Afrique. Sur Hotshi, vous pouvez aussi vous inscrire à des cours de votre choix pour mettre à jours vos compétences : les langues, les sciences, la communication, l’entreprenariat, l’aéronautique et plein d’autres cours. J’ai été bluffé par un de leur MOOC assorti d’attestation sur l’apprentissage du lingala, la langue africaine au Congo. Il n’y a pas assez de plateformes qui proposent ce type de formations qui met au centre de l’apprentissage les langues africaines. Il serait d’ailleurs une bonne idée d’avoir d’autres MOOCs sur d’autres langues africaines, notamment le wolof, le fon, le yoruba ou encore le swahili.

 

Plateforme du droit international de l'eau douce

Droit international de l’eau douce – MOOC
Copyright : coursera.org

 

3. Droit international de l’eau douce

Cette plateforme est intéressante en ce qu’elle permet aux apprenants de suivre une formation en ligne sur le droit international de l’eau douce sans forcément avoir au préalable une formation en droit. Oui, je vous le concède, c’est assez particulier comme domaine. Mais vous savez, il n’y a pas que les médias sociaux qui importent, il y a également des thématiques qui sont assez transversales et qui sont fort utiles. La plateforme pour le droit international de l’eau de l’Université de Genève nous permet donc à tous « de mieux comprendre les contours du droit international de l’eau, vu qu’il a connu des développements majeurs qui oblige de tenir compte des multiples facettes que revêt la gestion et la protection des eaux douces. L’adoption d’instruments universels, régionaux et de bassins souligne l’importance d’étudier l’évolution de la réglementation internationale relative à l’eau et d’identifier les grands principes en ce domaine. »

Les MOOC sont enseignés par quatre chercheurs dont le togolais Komlan Sangbana. Le prochain cours débutera le 26 mars 2018.

RSE-et-PED est la première source d’information francophone indépendante et multipartite sur la Responsabilité Sociale des Entreprises dans les pays émergents et en développement.

RSE et PED
Copyright : www.rse-et-ped.info

 

    4. RSE et PED

Les webinaires organisés par la communauté pour la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) avec les pays en développement, je les ai découverts par hasard en cherchant des informations sur la RSE et son application dans les pays africains. Il n’y a d’ailleurs pas que des webinaires sur le droit international des droits humains et la RSE, mais également des ressources et webinaires sur les objectifs du développement durable ou encore l’entrepreneuriat féminin et les médias sociaux en Afrique subsaharienne et des ressources sur le respect de l’environnement. La diversité des acteurs et des intervenants favorise des débats utiles et enrichissants. Vous avez d’ailleurs la possibilité de recevoir une attestation à la suite de la série de webinaires sur une thématique particulière par exemple.

    5. Rue 89 Mooc

J’ai découvert ce site en voulant en apprendre plus sur la communication digitale et la communication institutionnelle sur les réseaux sociaux. Grâce aux formations en ligne proposées, j’ai pu en savoir plus sur les basiques d’une communication digitale et surtout les erreurs à éviter. Ce Mooc m’a d’ailleurs permis d’être efficace sur une campagne de l’organisation OXFAM. Beaucoup s’improvisent en digital manager sur les réseaux sociaux sans pour autant avoir les bases d’une stratégie digitale de l’entreprise pour laquelle ils offrent des services. Rue 89 propose d’ailleurs actuellement un MOOC sur la ComPublique sur le web et les réseaux sociaux, et il pourrait bien être utile à plusieurs digital managers.

Lors de mes recherches, je n’ai malheureusement pas trouvé de plateformes proposant des MOOCs en langues africaines. Il serait également fort intéressant d’avoir plus d’africains animateurs de MOOCs sur des thématiques et problématiques africaines. Les intellectuels africains évoluant dans des organisations à fort potentiel, il n’en manque d’ailleurs pas. Si vous connaissez des plateformes pareilles, vous pouvez également les mentionner en commentaires.

Influenceurs et action collective, faudra y penser.

Nous n’allons pas revenir sur les différentes théories des uns et des autres concernant les « influenceurs », je ne vais pas me permettre de les critiquer d’ailleurs. J’ai lu l’article de mon cher ami Hamidou Anne titré les « influenceurs » africains ne servent à rien:que les jeunes fassent de la politique, et celui du web entrepreneur ivoirien Israel Yoroba que j’apprécie bien, dont le titre est certains « influenceurs » africains servent à changer la société.

Je suis plutôt ravi qu’il y ait des « influenceurs » africains, du moment où ils pourront servir la société. Je pense qu’il y a plusieurs manières de faire de la politique, ou plutôt, de servir la société face aux politiques. L’Afrique a besoin de ces personnes qui sauront être non seulement des références mais également des « leaders ». Je mets ce dernier mot en exergue parce qu’il a été tellement galvaudé ces derniers temps qu’il ne semble plus signifier grand chose. Mais dans le contexte actuel, il reprend ses droits et s’impose.Lire la suite de

Générations Y et Z sont-elles si différentes?

Je ne vais pas me lancer dans des définitions conceptuelles des générations Y et Z, non. Il faut retenir que la première est née entre 1980 et 1997, et la seconde est née entre 1997 et 2011 (je sens qu’il y en a qui commencent à calculer leur âge très rapidement, ça m’a fait le même effet il y a des années). Je n’ai jamais écrit sur ce type de sujets d’ailleurs, je ne saurai vous en expliquer la raison.

Depuis un moment, je lis pleins d’articles qui ressassent les « prouesses prédéfinies » de la génération Z. Tout a commencé avec les différences culturelles entre les deux générations, ensuite la génération Y qui imposerait ses codes au travail, et enfin la génération Z qui serait extraordinaire en cette année 2017. Cela paraît tellement simple. Cependant, j’ai une panne de réflexion avec ces constructions issues de Médias qui savent apparemment tout de ces générations. Ils nous connaissent si bien, ils connaissent si bien nos réalités.

Le 4ème pouvoir ne connaît plus de limites

J’aimerais préciser, pour entrer dans le moule des constructions faites en la matière, que je suis de la génération Y, les « millenials », et pas de la Z, les « post-millenials ». Les millenials ont découvert internet et ont grandi avec, ils se sont adaptés à cette métamorphose. Des métiers décrits par les médias sont apparus à cet effet, « le community management » par exemple. Les entreprises devaient s’y adapter, elles devaient l’intégrer dans « leur manière de penser », et elles l’ont faite. Tout est allé si vite, mêlant les deux générations dans la course aux « métiers du futur ». En Afrique, tout le monde veut devenir community manager, sans se former (c’est si simple avec un smartphone ou un i5). La génération Y s’est « acclimatée » et s’est appropriée les outils numériques. C’est un peu comme un enfant qui découvre une prise électrique et veut absolument pousser la découverte à bout au point de vouloir la toucher du doigt (nous avons tous connu cela). Mais les médias (encore eux) annoncent qu’il est possible que les community managers disparaissent avec le temps (la ruée vers l’or ne devient que fumée à l’horizon).

Générations Y et Z sont-elles si différentes?

difference between Z and Y : recruitloop.com

En quoi la génération Z sera si différente de la Y au fait?

Quant à la génération Z, elle est « tombée » dans la sauce des téléphones tactiles, c’est peut-être elle qui représente les digital natives selon moi. Ma collègue mondoblogeuse Clara Delcroix disait à propos de cette génération intéressante dans son article :« la génération Z va agir comme un véritable rouleau compresseur ». 

Mais ce que beaucoup oublient, c’est que la génération Z va rencontrer les mêmes problèmes que la génération Y sur le plan professionnel (voire personnel). Certes, la nouvelle génération va obliger les entreprises à repenser leurs produits et prendre des décisions plus ciblées, elle va peut-être imposer sa manière de concevoir des choses en entreprise, mais n’est-ce pas ce qui se disait de la génération Y? Et pourtant, le discours a changé aujourd »hui. On pense que cette génération dont je fais partie n’arrive pas à relever le défi professionnel, elle est malheureuse au travail. Elle n’y arrive tout simplement pas. Pourquoi? Elle trouve la vie facile avec tous les gadgets numériques, tout était si simple pour elle, selon les dires de Simon Senek.

Et en quoi la génération Z sera loin de cette réalité, comment va-t-elle pouvoir s’adapter et imposer ses valeurs (et quelles valeurs déjà?). Regardez un peu ce que font les deux générations lorsqu’il y a un accident ou un incendie ; elles prennent des photos, certains font du direct au calme (ce qui ne peut leur permettre d’appeler les secours).

Ce que font les générations Y et Z après un accident de la route

Ce que font les générations Y et Z après un accident de la route
Crédit : Adrian McDonald Photography : www.lexonproductions.com

Elles ont toutes snaptchat, instagram, facebook, whatsapp. Toutes ces applications se ressemblent tellement à présent. Cependant, combien sont sur twitter et LinkedIn? Pour ma part, je considère ces deux dernières applications plus intéressantes et plus professionnelles. Et vous me parlez d’une nouvelle génération Z qui peut décider de se déconnecter? Elle s’imagine déjà ne pas pouvoir vivre sans les gadgets numériques.

Pensez-vous que la génération Z pourra imposer ses idées et/ou valeurs dans la société ou dans le milieu professionnel, alors qu’elle lit rarement des informations utiles, qu’elle ne connaît pas LinkedIn et qu’elle n’arrive pas à défendre un projet professionnel? Le numérique n’est pas tout, le fait d’être « désigné » génération hors pair n’est qu’une construction relative. Et en parlant de construction relative, la génération Z ne saurait être la même en Afrique et en Europe ainsi qu’en Amérique Latine par exemple. Les réalités et les besoins ne sont pas similaires pour parler d’une généralité dominante. Et d’ailleurs, où y a-t-il le plus de jeunes dans le monde?

Où y a-t-il le plus de jeunes dans le monde, la réponse en carte: quid de la génération Z

Plus le pays est foncé, plus sa population est jeune : ici.radio-canada.ca

Veuillez passer le message à la génération exceptionnelle Z svp.

Développement de l'Afrique via l'entrepreneuriat

Vous l’aurez compris, le titre de l’article est un droit de réponse à l’article de mon cher ami Hamidou Anne : Non, l’entrepreneur ne changera pas l’Afrique. J’aurais préféré « Non, l’entrepreneur ne changerait pas l’Afrique », mais encore…

Je ne serai pas long dans ce léger billet. L’article du chroniqueur du Monde Afrique aborde un certain nombre de points avec lesquels je suis plutôt d’accord :

« Des lobbies financiers drapés pourtant dans un épais manteau de bonne volonté et de philanthropie contrôlent le curseur du débat public. Ils ont choyé l’entreprenariat et ont imposé les termes du débat. Pas un jour sans un article, une vidéo ou des affiches sur les réseaux sociaux vantant les mérites du jeune X auparavant en France ou au Canada et dorénavant rentré avec un génial projet Y pour sauver l’Afrique. Pas une rencontre de jeunes sans entendre ce fameux discours touchant et bien convenu sur la nécessité de construire une alternative aux Etats en se lançant tête baissée dans le montage d’une start-up » Hamidou Anne, Le Monde Afrique

Il est vrai que le vrai visage n’est parfois pas montré, le chemin tortueux par lequel il faut passer et par lequel on arrive à réussir. Il est vrai que de grands groupes et des multinationales se lancent dans le financement des startups en Afrique, comme pour se sentir moins sales dans leur responsabilité sociale fort décriée. Il est vrai que des incohérences ne pas sont pas artifices dans cette sphère de l’entrepreneuriat en Afrique.

Cependant, lorsque je lis dans le même article d’Hamidou Anne, « Nos pays ont davantage besoin de gynécologues, d’enseignants, de policiers avec l’éthique et l’ambition nécessaires au service de l’intérêt général, que de chefs d’entreprises se résumant à un bout de papier administratif dans une pochette. C’est une réalité souvent qu’on élude…L’entrepreneur ne changera pas l’Afrique, car il n’est en rien supérieur au fonctionnaire, encore moins au politique. Tout dépend de ce que chacun, dans le quotidien de son engagement, fait ou aspire à faire. Il y a même, selon ma conception, une primauté de l’action publique sur le reste, qui nécessite de s’y s’engager pour que l’Afrique change véritablement et durablement. », je me pose un certain nombre de questions.

N’y a-t-il pas des success stories qui sont liées à cette action publique, comme Gifted Mom, qui lutte contre la mortalité infantile ? N’est-ce pas une sorte d’engagement socio-politique ?

Lorsque Dieretou Diallo combat pour la valorisation de la femme guinéenne voire africaine, lorsqu’Anne Marie Befoune fournit des recommandations socio-politiques pour les citoyens africains (je vous invite d’ailleurs à lire son article sur l’entrepreneuriat), lorsque je m’intéresse à une nouvelle manière d’éduquer au Togo, lorsque Aziz Yérima démocratise le paiement en ligne avec PayDunya, n’est-ce pas une forme d’engagement socio-politique ou socio-économique sous le voile de l’entrepreneuriat ? Il faut noter (Hamidou Anne le sait sûrement) que bon nombre d’actions d’entrepreneurs sont liées à l’action publique. D’ailleurs, l’entrepreneuriat est un appui aux politiques. De la même manière que tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur, de cette même manière tous les jeunes ne peuvent se hisser au rang de propulseurs politiques. Il faut de tout pour faire un monde. J’ai d’ailleurs rédigé un billet en 2015 sur la jeunesse togolaise à propos de l’engagement politique, une théorie du changement discutable, entre désintérêt politique et frustration politique.

Il faut donc préciser, au-delà de tous ces discours de célébration de l’entrepreneuriat, que tout entrepreneur ne doit pas être défini avec « le business » collé sur le front. Critiquer l’entrepreneuriat en Afrique c’est bien, mais les jeunes qui, selon Hamidou Anne, doivent plutôt s’orienter vers l’action publique, seront soutenus par qui ? Par les mêmes grands groupes et grandes nations qui soutiennent l’entrepreneuriat je suppose ? Le problème demeure donc, malgré le changement d’orientation du combat.

Je suis d’accord avec l’hypermédiatisation dont bénéficie l’entrepreneuriat sur le continent, à tel point que certains projets primés lors de grandes cérémonies ne sortent pas du tunnel de la réalisation. Il est vrai que des actions correctives doivent être apportées au cadre entrepreneurial, afin d’y apporter une « sainteté » propice, adéquate et éthique.

J’aurais préféré que nous unissions nos forces pour un couple harmonieux entre éducation et instruction, afin de former des jeunes plus avertis, afin que l’éthique soit au centre de leurs actions, entrepreneuriales ou socio-politiques.

Je pense que l’entrepreneuriat fait partie de ce combat afroptimiste que livre Hamidou Anne, et qu’il devrait donc tenir compte de son impact positif sur les habitudes des citoyens et le continent africain.

Oui, l’entrepreneur est utile pour l’Afrique.

Cordialement.