Visuel AfricaFilmstv

Nombreux sommes-nous à suivre des films et séries africaines sur les chaînes A+, Nollywood ou rti. Il nous arrive d’avoir cette envie d’acquérir une série africaine pour y revoir certains détails croustillants au calme sur notre laptop, mais nous ne savons comment nous la procurer. Nous finissons par nous résigner tout en guettant les rediffusions. Il a fallu discuter avec un ami de longue date, Cedric Schadrach, Chanel Manager, community manager à AfricaFilmstv, pour me rendre compte qu’il y a un site agrégateur de contenus 100% africains.

Cedric Schadrach au bureau

Schadrach Cedric A : Chanel Manager à AfricaFilmstv

Connaissez-vous AfricaFilmstv, promoteur des œuvres cinématographiques africains ?

AfricaFilms.tv est un site de Video On Demand (VOD) dédié aux films africains, aux films sur l’Afrique, aux films de la diaspora. Il est agrégateur de  contenus 100% africains, en termes de vidéos, films documentaires, d’animations, longs et courts métrages et de la musique. Site de téléchargement payant légal, accessible depuis le monde entier, AfricaFilms garantit des revenus équitables aux producteurs africains. Il leur propose en outre des services exclusifs et gratuits, leur permettant notamment de créer des sites web intégrant leur propre boutique VOD. Il est possible de louer ces films à moins de 5 dollars ou les acheter pour une durée indéterminée à moins de 10 dollars. AFRICAFILMStv fait partie des tout premiers partenaires Premium Publisher de Google Senegal avec des chiffres d’affaires intéressants pour la promotion de ces œuvres cinématographique africaines.

Visuel AfricaFilmstv

Crédit image : AfricaFilmstv

AfricaFilmstv veut démocratiser l’achat de films africains en ligne sur le continent africain

La mayonnaise de l’e-commerce au Sénégal n’a pas autant pris que beaucoup l’espéraient. Bien qu’en 2015, 1 millions de sénégalais aient acheté en ligne, il demeure « assez difficile » pour la population d’acheter en ligne. La faute n’est pas seulement au faible taux de bancarisation au Sénégal (15%), mais également aux habitudes d’e-commerce qui ne sont malheureusement pas développées en Afrique subsaharienne. Ainsi, le partenariat entre AfricaFilms et Paydunya est salvateur pour les cinéphiles. Il faudra sensibiliser la population sur l’avantage de passer par Paydunya pour se procurer un film sur AfricaFilmstv, étant donné que le consommateur n’a aucunément besoin d’avoir un compte bancaire pour effectuer cette opération.

Cartes de crédit et livraison

Crédit : Teranga Web

Quelles conclusions faut-il en tirer ?

Selon les statistiques de Jumia sur les modes de paiement, 95% des sénégalais utilisent le paiement après la livraison. Cela traduit encore une fois le faible taux de bancarisation et la crainte des consommateurs à payer en ligne.

Par ailleurs, nombreux sont les acteurs et artistes africains qui se plaignent des pirateries et des différentes malversations qui se font dans le milieu du cinéma et de la musique. Les populations sont en accord avec leur plainte, mais que font-elles pour les aider à sortir la tête de l’eau ? Et quid des autorités, telles les ministères de la culture ? Imaginez-vous que selon les statistiques montrant les tendances e-commerce au Sénégal réalisées par Jumia, les cinéphiles sont en tête avec 6,64% de l’activité totale du commerce électronique dans le pays. Ne serait-il donc pas préférable d’acheter les films et les albums des acteurs du cinéma et de la musique, au lieu d’attendre de se les procurer auprès d’un de nos contacts au marché noir ? Nous achetons des gadgets électroniques à 300.000 F CFA (près de 460 euros), mais nous trouvons trop chers des films qui coûtent entre 7 et 15 dollars (moins de 10.000 F CFA et de 13 euros).

Nous sommes également disposés à nous procurer des contenus occidentaux, mais lorsqu’il s’agit de contenus africains, nous trouvons cela « trop suspects et chers ».

Il est temps de penser autrement, de se laisser influencer par d’autres habitudes sans toutefois tomber dans la dépendance, de permettre aux acteurs culturels de vendre à profit ce qu’ils ont eu à produire. Nul besoin de vous rappeler l’impact positif d’une telle situation sur l’économie de la zone UEMOA. Nous avons l’opportunité de voir développer des initiatives pouvant permettre à l’économie d’avoir le vent en poupe, mais nous n’arrivons pas à transcender des habitudes ancrées en nous. La même situation s’observe dans l’achat de livres électroniques en Afrique. Nous voulons par exemple nous procurer l’e-book SuperWomen d’Ibuka Ndjoli et Sakina Traoré, mais gratuitement. Faisons des efforts afin de permettre aux innovations africaines en ligne de prospérer.

Cordialement.